Hello everybody !

Bon, c'est en mode quasi dépressif que je reviens vous parler aujourd'hui ... Bien que le printemps soit officiellement arrivé jeudi dernier, nous sommes loin, mais alors VRAIMENT loin, d'en sentir les effets! La belle arnaque, j'vous jure: voici la tempête de ce samedi 22 mars, qui nous a laissé entre 10 et 15 cm P1030918ok P1030919ok

   Cet hiver 2014 est, selon les statistiques, le plus froid et le plus long depuis les 20 dernières années! Non mais vous y croyez, à ça? Il fallait que ça m'arrive... à MOI !!! Les températures ont globalement été de 2° en dessous des normales saisonnières; nous avons connu une vague de froid polaire (le fameux vortex des USA) qui nous fait supporter des -30° pendant presque une semaine; et enfin les accumulations de neige, dans les normales, en sont à ce jour à 193 cm. Je ne sais pas vous, mais moi, ça ne me fait pas rêver.

Alors je me suis dit qu'il fallait que je partage avec vous ces moments floconneux, en vous expliquant comment ça fonctionne lorsqu'une tempête a abattu 15 cm de neige sur la ville, et qu'il faut que la vie continue. La solution, c'est la grande opération déneigement: un impressionnant ballet de camions et de machines pelleteuses ou souffleuses, qui redonnent à nos rues un aspect praticable et sécuritaire.

Et il y en vraiment besoin, car souvent, après une bonne tempête, la ville ressemble à ça:

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Le déneigement, c'est donc une sacrée affaire, et surtout, un sacré budget. Chaque arrondissement de la ville est responsable de son propre déneigement. D'après ces informations, trouvées sur le site de la ville de Montréal, "le coût moyen d'une tempête de neige avec une accumulation au sol de 20 cm est de 17 million de dollars, soit 1 M$ pour le déblaiement, 14 M$ pour le chargement et 2 M$ pour l'élimination." A l'année, ça représente un budget total d'environ 145 millions de dollars, dont 29 millions sont consacrés à l'épandage. Impressionant, non? Mais tellement génial! C'est ce qui fait que la vie ne s'arrête pas, comme en France, dès qu'il a neigé. Les trottoirs sont rapidement dégagés grâce à des petits véhicules à chaines qui tassent le tout sur le côté, et grâce à l'autre petit véhicule qui vient répandre du sel et du gravier pour qu'on ne glisse pas.

Voici donc comment tout se passe. D'abord, cette petite machine vient pousser la neige des trottoirs sur la chaussée:

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Puis une sorte de pousseuse vient tasser cette neige avec celle de la chaussée:

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Le but de cette manoeuvre est d'en faire un long monticule d'une même hauteur:

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Tout ça pour qu'au final puisse passer l'espèce d'aspirateur-souffleur qui va propulser cette neige dans le camion beine qui avance à ses côtés:

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On vous a fait une petite vidéo:

Et voici ce que ça donne après leur passage. Tout beau tout propre:

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Pour que toutes ces opérations se passent bien, cela demande la participation des riverains, bien sûr, car il faut que les véhicules stationnés dans la rue ne soient plus là. Pour ce faire, les employés municipaux installent sur les poteaux, à côtés des panneaux de stationnement habituels, les panneaux suivants:

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On y apprend si notre côté de la rue va être déneigé dans la journée ou durant la nuit. Afin de bien prévenir tous les habitants, en plus de ces panneaux, un véhicule avec un girophare fait de nombreux passages, en roulant au pas, faisant claironner son long klaxon à la mélodie particulière et identifiable entre toutes, pour nous informer que là, c'est vraiment le dernier délai, il faut enlever les voitures, car la grosse machinerie du déblaiement arrive.

Sur le site de la ville de Montréal, dont je vous parlais plus haut, on trouve cette vidéo, bien plus complète que la mienne, qui montre toutes les étapes du ramassage de la neige, jusqu'à la fin... car oui, il faut bien en faire quelque chose, de toute cette neige! Regardez, ça en vaut la peine:

Bref, voilà voilà, j'espère que vous en aurez appris aujourd'hui, grâce à moi. Nous, quand on était arrivés en janvier 2012, on avait halluciné d'assister à ce ballet - une tempête avait eu lieu la veille de notre arrivée, le soir même on découvrait le rituel du déblaiement, avec nos grands yeux de normands éberlués!

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Maintenant, j'avoue, on est blasés... mais bien contents de ne pas avoir de voiture !

A bientôt les p'tits loups