Hello everybody !

Que je suis heureuse de vous retrouver pour venir vous conter ce qui, normalement, est ma dernière aventure hivernale de la saison. Car oui, bon sang, on arrive mi-mars, le printemps va pointer le bout de son nez, et il en sera fini des tempêtes de neiges, des moonboots et des -20°, non? Rêve-je? Suis-je trop optimiste?  Peu importe, l’idée me réchauffe le cœur (à défaut de me réchauffer le corps…)

Quoi qu’il en soit, je suis encore là pour vous parler de l’hiver, et pas n’importe comment! J’ai fini en beauté avec une expérience unique et inoubliable : une excursion en chiens de traîneau! Ou plutôt, comme on dit ici, en traîneau à chiens (plus logique, non?!)

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Vous vous rappelez mon épopée cauchemardesque de l’hiver dernier? (cliquez ici si vous voulez relire cette odyssée) Et bien ça y est, c’est oublié . Tout est effacé, on n’a plus que de magnifiques souvenirs plein la tête et les yeux maintenant, car nous l’avons faite, cette promenade! On est retournés voir Katia et ses chiens, comme nous lui avions promis l’année dernière. Sans se perdre en route. Sans passer par une piste de quad. Sans s’encastrer dans un banc de neige. Katia m’avait expliqué qu’elle ne serait pas notre guide, car elle est enceinte. Bon. Quelle surprise alors de la voir arriver, avec son petit bedon rebondi de 7 mois, et de nous annoncer « je viens avec vous! ». Wow!! Tellement passionnée et accro qu’elle continue à diriger son traîneau, en pleine forme! Sa fille aura vraiment poussé avec le bruit des chiens et les secousses d’un traîneau : comme Obélix, elle sera tombée dedans quand elle était petite!

Bref, toute impressionnée, j’étais ravie qu’elle soit là. Nous étions donc une petite équipée : le traîneau de tête, dirigé par Katia et Thibault, notre guide (un français, amoureux de la nature québécoise, immigré depuis 8 ans), suivi du traîneau du frère de Thibault, puis celui de sa femme, et enfin le nôtre. On clôturait la marche. Et oui, vous avez bien lu : notre traîneau. En fait, comme c’était notre première fois, on ne savait pas si on allait s’en sortir et gérer une promenade avec chacun son traîneau, on a donc pris l’option du traîneau partagé : c’était génial en fait, car ça m’a permis de régulièrement m’asseoir à l’avant et profiter de la balade sans aucun effort!

L’aventure a commencé dès notre arrivée :

  • Explication rapide des consignes : piloter un traîneau, c’est très simple. On freine dans les descentes en appuyant sur la grosse barre en fer au pied du traîneau; on aide les chiens dans les montées en descendant ou en poussant; la corde à l’avant doit toujours être tendue pour que l’effet de traction se fasse; pour avancer on dit HIP; pour arrêter on dit STOP. Pas plus, pas moins. OK chef!
  • Attelage du traîneau : on nous montre comment mettre le harnais aux chiens, comment les déplacer (en les soulevant par le collier, car ils sont lourds, on les tire et ils avancent sur leurs pattes arrières) et les fixer au cordage du traîneau.
  • L’ambiance s’anime : les préparatifs déclenchent une atmosphère d’excitation intense pour les chiens, qui deviennent plus que bavards et se mettent à aboyer comme des fous! Ceux qui sont de la promenade semblent dire « ouais, cool, ils nous ont choisi, on va se promener, youpi! », et ceux qui restent au campement semblent leur répondre « oh, c’est pas juste, moi aussi je voulais venir, vous avez trop de la chance d’aller vous dégourdir les pattes! » C’est incroyable, et impressionnant! Jugez plutôt :

Enfin, c’est le moment, tout le mode est prêt : les chiens s’élancent, comme des furies. Les traîneaux entament leur première glisse sur la neige. Wow! Mais attention, les premiers 100 mètres ne sont pas les plus magiques, ni les plus glamour! Heureusement, on nous avait prévenus : lors de la première montée, c’est le moment où le métabolisme des chiens se met en marche, et ça se traduit par des déjections et des pissouilles, pour chaque membre du convoi, chacun leur tour! Trop drôle… même si ça pue un peu

Mais peu importe, car ce moment peu raffiné est vite oublié dès que la vraie promenade commence. Et là, le silence se fait : les chiens deviennent tout calme, plus un aboiement. On n’entend plus rien, hormis le crissement du traîneau sur la neige. Quel sentiment de paix et de sérénité!  Cette sensation incroyable d’être en osmose avec cette nature traversée tout en douceur.

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Et ces petits chiens, synchronisés et heureux, qui se dandinent devant nous et tirent comme des dératés pour avancer, c’est vraiment magique. Lorsqu’on s’arrête, et qu’ils veulent repartir, ils se retournent vers nous, et tandis qu’on a le pied sur le frein, nous regardent en faisant les petits yeux l’air de dire « bon alors, on repart quand là, tu attends quoi pour nous dire Hip! ».

Nous avons fait une promenade de plus de deux heures. Voici un peu la zone que nous avons parcourue dans la Réserve Faunique de Papineau-Labelle:

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Nous sommes passés sur deux lacs, le Toncamp et le Kar-Ha-Kon. Sur ce dernier, nous avons fait une petite pause chocolat chaud, et les chiens ont repris leur souffle. Le moment idéal pour faire le plein de caresses! P1030824ok

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Notre retour au camp de base s’est fait sous les aboiements joyeux des chiens qui nous attendaient. Et comme on les aime beaucoup, ces petites bêtes là, on a accepté de rester pour aider à tout le cérémonial du retour. On a donc dételé notre traîneau et apporté chaque chien à sa niche numérotée. Puis on a déposé les gamelles vides devant tout le cheptel - ils sont environs 110 - pour que Thibault vienne leur donner à manger. Une appétissante bouillie de bœuf et de croquettes. Rouge sang. Pleine d’eau. Hum! Bien dégueu, mais un vrai régal pour eux, ils étaient fous! Et comme vous l'avez vu dans la vidéo, nous avons de nouveau eu le droit à une belle cacophonie de waf waf endiablés pour fêter le repas.

Quelques dernières photos, un peu de bavardages avec nos guides, et il était temps de partir.

J’ai appris que la grosse boule de poil ci-dessous s’appelle Castor, que c’est leur mascotte, et qu’il les accompagne souvent lors des expéditions de 5 jours, mais en liberté!

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J’ai appris que cette charmante demoiselle qui tire la langue, mais aux yeux délicatement maquillés, s’appelle Mascara.

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J’ai appris que le campement regroupe les chiens à partir de l'âge d’un an, qui sont en formation; les chiens actifs en service (la majorité de l’effectif); les chiens semi-retraités, âgés de 8-9 ans, qui font moins d’excursions; et enfin les chiens retraités, qui coulent des jours paisibles à se faire nourrir et dorloter, sans plus jamais tirer un traîneau, car fatigués. Et enfin, j’ai appris que la température idéale pour que ces races de chiens se sentent bien, lors de l’exercice, c’est -20°/-30° ! Alors autant dire qu’avec notre petit -5° de ce jour-là, ils avaient pas mal chaud! Je l’avais bien compris, en voyant combien régulièrement ils attrapaient dans leur gueule, tout en courant, de la neige sur les côtés du chemin pour se désaltérer et se rafraichir.

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Je ne peux conclure cet article sans vous transmettre les coordonnées des propriétaires qui nous ont fait passer cette agréable après-midi. Voici donc le site d’Expédition Rêve Blanc: www.chiensdetraineau.com

Alors, n’est-ce pas une autre raison de tenter de venir nous voir en hiver? Êtes-vous séduits par ce rêve?

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À bientôt les p’tits loups !