Hello everybody... ou plutôt, hola companeros !!

En février 2016, j'ai réalisé un rêve. Un voyage qui me tenait à coeur depuis des années: aller sur l'île de Cuba!

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 Pour cela, on a fait nos québécois et nous nous sommes éclipsés au coeur de  l'hiver : on a fait les snow birds, direction le soleil et la chaleur, alors qu'ici il fait -10° et qu'il y a 10 cm de neige!! D'ailleurs nous sommes partis le jour d'une bordée de neige (pas une tempête, mais quelques centimètres à terre quand même) et surtout le jour d'une pluie verglaçante. Du coup, gros bordel à l'aéroport. Notre avion a eu droit à un petit traitement complet pour ses petites ailes:

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On était vert fluo pour le décollage! C'est bien mignon, mais ces conneries nous ont fait partir avec plus d'1h30 de retard... Heureusement, pour une fois, on avait un vol direct, donc pas trop d'angoisse de ce côté-là, pas besoin de revivre le cauchemar stressant du départ pour SF !!!

Si petite angoisse il y eut, ce fut au sujet de la carte touristique. Pour aller à Cuba, pas besoin de Visa, mais d'une carte touristique que normalement les compagnies aériennes fournissent pendant le vol, son prix étant  inclus dans le prix du billet. Or nous, comme on ne fait jamais comme tout le monde, on n'est pas partis avec les compagnies habituelles pour cette destination: on a pris Air China. Oui oui, vous avez bien lu, Air China! La compagnie, pour l'inauguration de sa liaison Montréal-La Havane (suite à l'ouverture récente de la liaison direct Pékin-Montréal), proposait des prix défiant toute concurrence! Le hic, c'est que Air China n'était pas très au point et ne semblait pas savoir que les compagnies se chargeaient de fournir la carte aux voyageurs, car nous ne l'avions pas payé dans les frais à l'achat du billet! Cela a donc été une joyeuse prise de tête avec le consulat de Cuba, Air China et la nana de l'agence de voyage pour trouver une solution afin de nous la procurer. Heureusement, plusieurs forums de voyageurs, dont celui de Trip Advisor, m'ont bien aidé et ainsi évité de perdre une demi-journée de travail pour me rendre au consulat et payer cette carte super cher : la compagnie s'était adaptée et la fournissait au début du vol, j'ai exulté! Photo ici, obligée, et imaginez ma grosse face souriante en train de la prendre  !

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Bon, assez pour le blabla pré-départ! Il faut quand même surtout que je vous raconte mon séjour sur place, hein?! Je vais résumer par un mot: génial! Et je dirais que globalement, ça ressemblait à ce que je m'imaginais. Nous avons eu le temps de bouger un peu dans l'île et de visiter quatre lieux très célèbres et populaires touristiquement parlant: La Havane évidemement, Vinales, Cienfuegos et Trinidad. Le sud et les plages paradisiaques, ce sera pour une prochaine fois. 

Cuba

On est revenus le porte-monnaie vide aussi, car il parait que la monnaie ne doit pas sortir du pays (quoique, je pense que l'ouverture se fait sentir et que les autorités sont plus tolérantes). Quand je parle de monnaie, je parle de celle pour les touristes, le peso cubain convertible, CUC (car le CUP, le peso local, nous avons eu le droit d'en utiliser et nous avons tout dépensé sur place). Pour rappel, le CUC est donc la monnaie pour les étrangers, basée sur le cours du dollar américain, 24 fois plus forte que la monnaie locale. 1 CUC vaut donc 24 CUP, soit environ 1,25 $ canadien (0,90 centimes d'euros). A titre d'exemple, un mojito vaut 3,50 CUC, un régime de dix mini bananes au marché vaut 10 CUP, une canette de soda vaut 1 CUC et un litre de lait vaut 2 CUC! Le décalage de niveau de vie entre les deux monnaies est donc énorme! Par exemple, nous avons visité le musée de la révolution: le billet est à 8 CUP pour les locaux et 8 CUC évidemment pour les touristes!  Ainsi, il faut faire attention de quelle monnaie on parle avec les gens, ne pas payer en CUC ce qui est en CUP, au risque de payer vraiment, vraiment trop cher ! Mais la même vigilence est valable dans l'autre sens! La honte que j'ai eu lorsqu'au resto, un soir, l'adorable serveur est revenu à la table pour dire à Benoit qu'il lui avait donné 20 CUP au lieu de 20 CUC pour payer la note (c'est presque comme si, en exagérant un peu, vous donniez 1 centime au lieu d'un euro!!). Bon, à sa décharge, il est vrai que les billets se ressemblent un peu, on peut facilement se tromper... Imaginez donc alors combien les touristes représentent une mane pour les cubains, qui voient ainsi dans la collaboration avec les étrangers une façon de grassement arrondir leurs fins de mois. Je dis collaboration, mais il y a arnaque aussi! Benoit a joué avec le feu, une fois, pour tester en vrai ce dont on avait entendu parler : des jeunes sympas se mettent à parler un peu avec toi, souvent un couple. Ils s'intéressent à toi et ton pays, te parlent de La Havane. Du coup, ils te proposent de se poser dans un bar pour continuer à papoter de la culture cubaine autour d'un verre. Tout le monde prend une conso, et même l'un des cubains prend un paquet de cigarettes. Et pan: au moment où tu veux partir, continuer ta vie, on te dit que c'est à toi de payer les trois verres et les clopes! Et le barman, complice de l'affaire, annonce un prix exhorbitant pour les boissons, évidemment! Un grand classique, dont il faut se méfier  ... Le salaire mensuel de l'État est de 19 CUC. Louer une chambre dans son logement peut rapporter de 25 à 45 CUC la nuit. Rendez-vous compte! Ainsi, Léo, le mec chez qui nous avons séjourné 6 nuits, prenait 40 CUC pour sa chambre: avec nos 240 CUC, il a fait 1 an de salaire de n'importe quel salarié! Royal! D'ailleurs, j'ai été bluffée par sa maison, qui est d'un luxe incroyable, je ne m'attendais tellement pas à ça! (je peux fournir ses coordonnées, si cela vous intéresse! Je ne peux que vous le recommander )

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 Moi, j'ai tout simplement adoré La Havane . C'est une ville incroyable, pleine de contrastes, de richesse et de pauvreté. Débordante de vie, de couleurs et de musique, de bruits et de cris. Même les véhicules participent à ce joyeux brouhaha, entre autres les vélos pousse-pousse et les taxi-cocos, petits scooters avec sièges couverts à l'arrière: ça roule vite, ça double n'importe comment, ça klaxonne, ça crie sur les passants. Bref, un joyeux bordel :) Petite anedocte taxi, au passage: en bons touristes à côté de la plaque, la seule fois où nous avons eu besoin de prendre une voiture taxi, nous étions arrêtés sur la seule, je dis bien la seule rue de la ville dans laquelle la circulation doit être fluide en continu, à 80 km/h obligatoirement: c'est la Quinta Avenida, l'avenue des ambassades qui doit être toujours dégagée pour le passage de Fidel! On ne comprenait pas pourquoi les gens nous regardaient bizarrement et que les taxis ne réagissaient pas quand on agitait la main, ah ah ah!!

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Globalement, les gens sont sympas, mais commencent à un peu harceler les touristes dans la rue: environ trente fois par jour, on se faisait demander "where do you from?". 1, mon sang de prof d'anglais bouillait et je me retenais de leur faire un cours sur la différence entre l'auxiliaire Be et Do! 2, on ne répondait plus et on préferait en rire, imaginant un complot de Fidel qui demande à son peuple de faire des statistiques sur l'origine des touristes étrangers sur l'île!!  

Je vais mettre quelques photos tout au long de mon texte, mais vous pourrez comme d'habitude en voir bien plus en allant consulter l'album dédié à ces vacances, le lien sera en bas de l'article .

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  Heureusement, si les gens sont parfois un peu cons, on peut se consoler avec le rhum!! (à ce sujet, anecdote: on a failli se faire avoir en plein centre ville, avec des bouteilles à 40 CUC, alors qu'en fait, dans des boutiques moins touristiques, donc normales, elles valent entre 4 et 7 CUC, j'vous jure!! Oui oui, on a eu la chance d'acheter du rhum à 3 euros la bouteille!!) On a fait une cure de mojitos et de daiquiri, miam miam! Voici ici l'un des bars les plus célèbres de la vieille ville, La Bodeguita del Medio, avec groupe en live et barman qui fait le show, quelle ambiance!!

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 Cuba est un pays unique et inoubliable, pour de nombreuses raisons, qui a la manière des peintres que j'aime tant, m'a laissé diverses impressions...

 J'ai été impressionnée, dès l'arrivée à l'aéroport, par tous les paquets des diverses marchandises qui attendent près des carrousels de bagages pour être récupérée: des télévisions, des ballots de vêtements, des sacs de médicaments, des paquets de produits d'hygiène divers. Une montagne de sacs, vraiment! Nous étions dans le terminal des vols américains: ce sont les nombreux produits que les cubains exilés aux USA envoient à leurs familles. Comme je venais de mettre les pieds sur le territoire et qu' il y avait des soldats partout, je n'ai pas osé prendre de photo ...

J'ai été impressionnée par les vieilles voitures américaines des années 50, à La Havane particulièrement, qui semblent figer la ville dans le temps et lui donnent ce charme incomparable. Nous avons plongé dans ce côté rétro en faisant l'activité incontournable, le petit tour de la ville  en décapotable. Nous, ce fut en Chevrolet 1950, 6 cylindres en ligne d'origine, svp messieurs dames (photo 3)!

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Notre belle décapotable pour une promenade dans le passé!

 J'ai été impressionnée par les bâtiments en décrépitude totale, qui parfois font penser à une zone de guerre, et tous ces chats et chiens errants, même au coeur de la ville, dont tout le monde se fout royalement: normal, le plus important ici, c'est que les hommes eux-mêmes aient de quoi bouffer.

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J'ai été impressionnée par le dynamisme et la façon de vivre cubaine: ça parle fort, ça crie, ça vit les portes ouvertes, ça joue dans la rue. Dans la banque, par exemple, j'ai tellement halluciné, je n'avais jamais entendu autant de brouhaha de ma vie dans une agence bancaire, inenvisageable en Europe ou en Amérique du nord: ça ressemblait à un marché, la répartitrice obligée de se lever et de dire aux gens de parler moins fort !! (petite parenthèse concernant cette banque, d'ailleurs, où je suis allée changer mes euros: la guichetière m'a volée, elle m'a trompée de 20 CUC en me donnant les billets. Le boucan alentour a joué en ma défaveur, je n'étais pas bien concentrée quand elle a compté les billets devant moi... pas honnête, la madame qui travaille pour Fidel, dis donc!! ) Et dans la rue, les vendeurs à la criée, qui défilent avec des chapelets d'oignons et d'échalote autour du cou, des petites roulottes de maïs et autre nourriture inconnue, et même des balais et seaux pour venir faire le ménage. Le tout en hurlant à n'importe quelle heure du jour et de la nuit pour attirer les clients, dans un jargon incompréhensible pour nous, ou bien même en soufflant dans des sifflets d'arbitre! Je peux vous dire qu'ils m'ont révéillée pas mal de fois, j'ai voulu en étriper quelques uns

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J'ai été impressionnée par la place qu'occupe le cigare dans la culture cubaine, même si je le savais! C'est l'objet qu'on a le plus voulu nous vendre dans la rue. Et même les touristes avec qui on discutait nous donnaient des bonnes adresses pour aller en acheter! Ce qui était drôle, c'était de voir la tête des gens quand on leur disait qu'on n'en voulait pas, car on ne fume pas! Ils nous rétorquaient "mais faut acheter quand même, pour faire un cadeau à la famille!". Oui, mais on est exilés, on n'a pas de famille à qui offrir ça, laissez-nous tranquilles!!! Cependant, on a adoré le moment privilégié passé avec un cultivateur de tabac dans la vallée de Vinales, qui, grâce à notre guide privé, nous a fait une petite démonstration de roulage de cigare, rien que pour nous, bien que l'on n'achète rien. Un beau moment. 

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 Bon, on a quand même voulu faire un achat de tabac et ainsi faire notre part: on a pris des puritos, des genres de cigarillos, de la belle marque Romeo y Julieta qui étaient absolument délicieux, une vrai douceur à fumer, j'avoue! Pas de barreau de chaise pour moi, contrairement à cette extraordinaire cubaine multicolore!

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J'ai été impressionnée par certaines maisons dont les fils électriques semblent défier toute loi de la physique et toute loi de sécurité minimum!! Je me demande ce que ça donne les jours de pluie ...

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J'ai été impressionnée par les magasins, superettes et étalages de marché: il y a bien peu de choses, en effet. L'impact de l'embargo est visible dans chaque vitrine. Nous avons mangé des biscuits qui venaient du Brésil ou de Barcelone. J'ai été surprise de trouver du Coca, bêtement, je ne m'attendais pas à voir un produit aussi symboliquement américain que celui-ci!! Mais il venait du Mexique !  Le plus surprenant, ce sont les petites échoppes au coin de la rue, qui proposent des fruits et légumes en piteux état et de la viande laissée à l'air libre, par 25°, pour le plus grand plaisir des mouches !!

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J'ai été impressionnée par la végétation, en particulier les arbres qui sont absolument extraordinaires. Surtout les ficus aurea, appelés Jagueys, dont les branches se transforment en racine et rejoignent le sol. J'en suis fan, certains sont tellement imposants et majestueux. D'autres poussent au coeur de la roche aussi, c'est balaise! Niveau faune, pas de rencontre extraordinaire... à part ce superbe colibri, capté sur le vif à quelques mètres de mon chéri!

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J'ai été impressionnée par la propagande castriste révolutionnaire qui parcourt le pays, que ce soit sur des pancartes géantes le long des routes ou sur les murs de la ville. La révolution est toujours là, bien vivante, et le peuple lui doit tout, ça, il ne faudrait pas l'oublier! Comme diraient les québécois, c'est un peu malaisant parfois. On revoit nos cours d'histoire, on analyse la situation politique et on est témoin de la situation économique, et là on se dit merde, quand même les gars, ouvrez les yeux! Nous avons essayé de parler politique avec certains habitants, mais ce n'est pas facile, on sent que c'est tabou, et que de toute façon, Fidel est le sauveur du pays face à celui qu'ils appellent El Tirano, le tiran qu'était Baptista (tel Voldemort dans Harry Potter, c'est celui dont on ne doit prononcer le nom!).

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C'est drôle aussi de voir l'image des USA, le méchant ennemi, le diable capitaliste (ce qui n'est pas faux!). Entre autres, le coin des crétins, caricature présidentielle vue au musée de la révolution à La Havane. On les reconnait bien quand même, non??!!

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J'ai été impressionnée par les gens qui se retrouvent par dizaine, en petits groupes, dans la rue le soir. Pourquoi donc, me direz-vous? Rien d'impressionnant... Mais si! Car ces gens se retrouvent en fait dans la rue, le soir, pour profiter de zones wifi et ainsi se connecter à Internet! En effet, l'accès privé à internet reste très cher, et peu sont ceux qui en profitent chez eux. Les gens, les jeunes surtout, sortent donc pour se connecter au reste du monde! Cela fait des endroits qui semblent très actifs, on voit beaucoup de monde, on pense qu'il y a un évènement ou de l'ambiance, mais en fait pas du tout: chacun est rivé sur son téléphone à faire un skype avec la famille ou à publier sur facebook. C'est unique!

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Hors de La Havane, nous avons passé d'excellents moments, riches en émotions, en rencontres et en anecdotes. Nous avons fait deux sorties. Tout d'abord, une petite expédition d'une journée à Vinales, à environ 180 km à l'est de La Havane. Comme nous n'avions pas loué de voiture pour notre séjour, nous avons fait appel à des chauffeurs. En fait, de nombreux cubains mettent à disposition leur véhicule pour promener les touristes là où ils veulent se rendre, et ainsi se faire de l'argent. Notre chauffeur pour cette journée était Freddy, dans une voiture assez moderne, une japonaise récente en assez bon état. Freddy, un homme que nous n'oublierons pas. Un cubain, que j'aimais appeler mon ours mal léché, car  assez bourru, au premier abord. Coluche dirait pas tibulaire, mais presque! Mais en fait, un homme au gros coeur, très gentil, et comme nous on aime papoter et que la route était longue, on l'a fait parler de lui, de son pays, de son histoire, de politique. Et là, il s'est ouvert. Nous avons eu de passionnantes conversations avec lui sur tous ces sujets, souvent délicats pour bien d'autres cubains, et ce fut formidable! J'ai ses coordonnées, il m'a laissé sa carte de chauffeur touristique, et je lui ai promis que je partagerai ces infos avec quiconque me signifiera son intérêt via le blog, alors n'hésitez pas, contactez-moi!

Il est donc venu nous chercher à notre appart, au petit matin, pour nous emmener découvrir la région de Vinales, connue pour ses paysages montagneux particuliers que sont les Mogotes. Qu'est-ce donc? Ce sont des sortes de buttes, fruit d'une longue érosion, apparues après l'effondrement de grottes creusées par l'eau. Composées de calcaire, elles sont le résultat d'un phénomène géologique qui a créé ce paysage exceptionnel, unique, autour de Vinales. Culminant de 140 à 400 mètres, les mogotes sont couvertes de végétation luxuriante et certaines abritent des grottes, creusées par l'érosion souterraine. Et j'avoue, elles sont vraiment belles: moi qui aime les phénomènes géologiques, j'ai été servie!

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Lors de cette journée, nous avons aussi fait l'incontournable tour dans les champs de tabac et avons visité un site de récolte, séchage et roulage. Grâce à Freddy, nous avons eu la chance de parler en toute intimité avec le responsable, car il le connait bien. Il nous a fait une démonstration et nous a roulé un cigare, en express, que pour nous, comme montré plus haut dans l'article. Une nouvelle fois, ce fut un beau moment de découverte. Anecdote pendant une petite séance photo dans une maison de séchage de tabac: Benoit est ressorti avec plein de drôles tâches de sang sur les jambes, minuscules, sans relief. Aucune douleur aucun picotement. Et moi j'en avais quelqu'unes sur les bras. Bizarre, on s'est dit que c'était une drôle de bête, mais pas bien méchante...  Grave erreur, ignorants que nous étions! Le lendemain, les petites gouttes de sang avaient disparu et s'étaient transformées en grosses boursouflures rouges absolument insupportbales tellement elles démangeaient!! Même le frottement du tissu rendait fou! Et le pire, c'est que ça a duré plus de trois semaines. Sympa le souvenir, hein? Sous le jean et les chaussettes, un vrai calvaire  ! Et bien cet enfer était le fruit d'adorables petites mouches quasi microscopiques appelées "jejenes", connues sous le doux nom latin de phlebotomus papatasi. Il parait qu'il y en a souvent sur les plages de sable... Mais pas que! Maintenant, vous savez!

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Nous avons aussi fait la visite de la grotte de l'indien. Site très touristique, mais agréable et intéressant, même s'il y a un peu trop de monde à mon goût. Des stalagtites et des stalagmites, c'est toujours un beau spectacle. Surtout quand la visite se termine par un tour en barque sur la rivière souterraine. Une petite excursion sympa.

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Enfin, avant de rentrer, nous sommes passés par le site du mur de la préhistoire: il s'agit simplement d'un fresque géante (180m x 120m), peinte à même la roche de la mogote, qui a été commandée par Fidel dans les années 60 pour représenter la thérie de l'évolution, suite à la décourerte de fossiles préhistoriques sur le site. Rien à tomber par terre: on regarde, on prend une photo, et on repart... De plus, le village de Vinales en lui-même n'a rien de passionnant: une petite ligne droite, avec des restos et des boutiques de souvenir, car le tourisme s'y est beaucoup développé, c'est tout. Là aussi, on passe...

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Notre deuxième expédition a été plus longue: nous sommes partis trois jours/deux nuits découvrir Trinidad et Cienfuegos. Pour ce faire, nous avions un nouveau chauffeur, recommandé par notre hôte Léo: il s'agit de Carlos, un jeune cubain dans la trentaine, qui lui aussi se spécialise dans le transport privé de touristes. Le périple avait mal commencé, on a même cru que nous ne partirions jamais de La Havane. Tiens donc, ça sent l'anecdote, ça! Sa voiture est un incroyable pot de yaourt soviétique, une Lada de 1988, qu'il entretient avec débrouillardise comme un petit trésor. Mais voilà: à peine franchi le tunnel de sortie de La Havane, bam. Pouf pouf la voiture, en plein début de voie rapide pour quitter la ville, on ralentit ralentit... et on s'arrête. Voilà Carlos, sans un mot, qui sort une caisse à outils de son coffre et se met à bidouiller sous le capot... Ambiance tendue dans la voiture... Après 15 minutes de bricolage, ouf, ça démarre! Carlos nous regade avec un sourire, "todo esta bien", et zou, on repart! Cette sacrée Lada, la voici! Si j'avais cru qu'un jour je monterais dans une vieille russe des années 80

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  Une nouvelle fois, j'ai la carte d'affaire de Carlos, si vous souhaitez faire appel à lui, contactez-moi pour que je vous transmette ses coordonnées.

Comme sa femme est de Cienfuegos, il en a profité pour transformer ce voyage en sortie familiale, et Damaris nous a donc accompagnés. Ainsi, nous sommes d'abord passés à Cienfuegos: escale chez le tonton puis visite de la ville (une partie guidée, avec eux, près des plages - une partie seuls, dans le centre ville). Ils nous ont emmené à la plage, on a pu se baigner! Ils nous ont pris pour des fous: pour eux, à cette époque, c'est l'hiver, il n'y a personne à la plage et ils disent que l'eau est froide! Mais pour nous, 28° dans l'air et 24° dans l'eau, c'est juste le bonheur!! On essayait de leur faire comprendre que chez nous, à cette époque, il faisait en-dessous de 0° et qu'il y avait de la neige... ils avaient du mal à s'imaginer! En tout cas, on a apprécié cette journée à Cienfuegos, c'est une jolie petite ville coloniale, bien entretenue, avec des belles bâtisses rénovées grâce à son classement depuis 2005 au patrimoine mondial de l'UNESCO.

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En soirée, on a pris la voiture: direction Trinidad, ville coloniale qui a d'abord tiré sa richesse des mines d'or alentour puis des champs de cane à sucre, et dont le centre historique est lui aussi classé au patrimoine mondial de l'UNESCO. La ville est typique et pleine de charme, grâce à son cachet historique conservé, ses rues pavées et ses maisons multicolores. Il y a beaucoup de touristes, plein de restos et de boutiques de souvenirs pour les touristes, les bars sont ouverts tard, le rhum coule à flot et la musique salsa enflamme les corps. Bref, il y a une ambiance unique à Trinidad qui vaut le détour !

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Contrairement à La Havane, on sent qu'on est ici dans un village, à la campagne: les chevaux dans les rues en témoignent!

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Il nous en est arrivé des bonnes, à Trinidad: on n'est pas restés longtemps, mais on les a accumulées, les conneries! Le ton avait été donné dès le départ, avec la Lada qui nous avait causé des frayeurs. Déjà, on avait remarqué que nos chauffeurs étaient un peu angoissés de nous avoir: peu avant l'arrivée à Trinidad, comme il y a un check point, ils nous avaient fait élaborer une histoire à raconter, au cas où. Je devais être la nièce de Damaris (j'étais sensée être la fille de sa soeur ayant immigré au Canada, mais elle ne savait pas que je n'avais pas de passeport canadien!!). Le truc, en fait, c'est qu'ils savent qu'ils n'ont pas vraiment le droit de transporter des étrangers comme ça, pour se faire de l'argent supplémentaire, c'est contre le gouvernement . Bref, c'était drôle, mais ce n'était rien! Car les emmerdes ont atteint le pompon lorsqu'on est arrivés à notre chambre d'hôtes. Super belle, très bien placée, vraiment pas très chère, trouvée par la nana de l'agence de voyage. Le bonheur. Nos chauffeurs nous y accompagnent, on est contents, on pose le sac sur le lit, et là le gérant nous demande notre passeport. Ah bon? y porque? Bin, pour nous inscrire sur son registre. Ah ok, pas de problème, je vous sors la photocopie. QUOI? Mais non, mon dieu, ce n'est pas possible, il faut l'original! On ne peut pas vous accepter, c'est illégal! Vous devez avoir votre passeport pour dormir à l'hôtel! Panique à bord. Benoit part en courant dans la rue en hurlant Carlos! pour le rattraper. Car les gérants nous foutaient dehors, ils ne voulaient pas nous garder, pas moyen, trop peur d'un contrôle et d'une sanction (ils nous annoncent une amende phénoménale). Là, je vous avoue, on est au bord de la crise de nerfs et de la crise de larmes. Je nous vois déjà quitter la ville, fini le séjour ... Après de nombreuses discussions téléphoniques et de nombreux contacts, une petite dame au doux nom de Rosa accepte de nous accueillir dans son gîte, faisant fi de la police. Alors zou c'est parti, on y va tous ensemble. On était sauvés! Soulagés, on est arrivés chez Rosa, et bien que déçus par les lieux qui étaient bien plus basiques, sans charme, beaucoup plus excentrés de la ville, et surtout beaucoup, beaucoup plus chers (elle s'est fait plaisir la petite dame, elle savait qu'on était à sa merci!), on est évidemment restés chez elle. Alors, morale de cette histoire et sage conseil à tous: ayez toujours votre passeport sur vous si vous devez prendre une nuit dans un hôtel, un gîte ou une auberge  !

Bon. Au final, tant mieux pour nous tout ça, car elle s'est bien occupée de nous, Rosa, lorsque, j'vous le donne en mille, Benoit est tombé malade! Et oui, une bonne tourista, comme on la redoute tant dans ces pays tropicaux ! Pourtant, bon sang, qu'est-ce qu'on pouvait faire attention, j'étais méga vigilante (limite parano) sur tout ce que l'on mangeait. Mais là, une pizza lui a été fatale (pas moi, je n'en ai pas mangé): toute la nuit, il s'est vidé. Je ne pensait pas que des boyaux pouvaient contenir autant d'eau!! Heureusement, j'avais quelques médicaments pour aider à soulager ça, et notre hôte, qui était infirmière, nous a mijoté de bons plats de riz et nous a fourni toute l'eau en bouteille nécessaire pour se réhydrater. Bref, ça aurait pu tout gâcher, mais ça va, on a bien profité quand même, et on beaucoup aimé notre escapade à Trinidad.

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La cour intérieure chez Rosa. N'hésitez pas à me contacter si vous voulez ses coordonnées.

On a profité, jusqu'au bout, mais pas comme on l'aurait voulu en fait. Parce que dans tout ça, rappelez-vous nos chauffeurs flippés de la police. Quand ils sont revenus nous chercher deux jours après, c'était avec la panique au ventre à l'idée de savoir qu'on n'avait pas nos passeports avec nous! Du coup, Carlos a refusé de nous emmener nous baigner à la magnifique plage d'Ancon, comme prévu . Trop touristique. Trop surveillé. Trop risqué. On était tellement déçus... Heureusement, il avait quand même un plan b, car sur la route à l'aller on avait remarqué une jolie petite plage tranquille et isolée en contrebas de la route. On a donc pu quand même aller faire trempette, à notre plus grande joie! Au moins, pendant ces vacances, on aura fait deux ploufs!

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Mais voilà, toutes les bonnes choses ont une fin. Encore un nouveau petit bout de planète sur lequel j'ai eu la chance de poser les pieds. Et on est bien heureux d'y être allés avant l'arrivée des américains, car tout va vite changer là-bas... J'espère que le voyage vous a plu! Pour prolonger l'expérience, comme d'habitude, je vous propose un petit tour dans mon album photo, d'autres clichés magiques vous y attendent.

Je dédie cet article à mon formidable papa, plus vivant que jamais dans mon coeur, dont c'est l'anniversaire aujourd'hui. Lui qui aimait beaucoup cette île et l'aura du Che, j'aurais aimé partager cette expérience avec lui...

Je vous dis à très bientôt pour une nouvelle histoire les p'tits loups !